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Traçabilité en restauration : quels documents garder et combien de temps

Tracer une denrée, c’est pouvoir dire de quel fournisseur elle vient, quand elle est entrée dans votre cuisine et dans quelles préparations elle est passée. Dans un restaurant, ce suivi repose sur quelques documents simples : bons de livraison, étiquettes, relevés et, en restauration collective, plats témoins. Vous apprenez à les tenir pendant la formation hygiène alimentaire, avec la méthode HACCP appliquée à la restauration.

Pourquoi la traçabilité en restaurant compte en formation hygiène alimentaire ?

La traçabilité répond à 2 questions : d’où vient ce produit, et où est-il parti. Vous en avez besoin surtout les jours difficiles, quand un client signale un malaise, qu’une toxi-infection est suspectée ou qu’un fournisseur retire un lot. Ce jour-là, un classeur tenu au fil des semaines vous donne la réponse en quelques minutes.

L’obligation vient de l’article 18 du règlement (CE) 178/2002, applicable depuis 2005 à toutes les entreprises du secteur alimentaire, restaurants compris. Le règlement (CE) 852/2004 demande de son côté de tenir des enregistrements adaptés à la nature et à la taille de l’établissement. En France, la traçabilité et la gestion des produits non conformes forment l’une des parties de votre plan de maîtrise sanitaire (PMS). L’inspecteur la demande pendant sa visite et relève son absence dans son rapport.

Il s’agit de retrouver vite le lot en cause et de l’isoler sans arrêter la cuisine. Si vos documents sont à jour, vous retirez seulement les cageots concernés. S’ils manquent, rien ne prouve ce qui reste sain, et vous jetez tout le contenu de la chambre froide qui peut contenir le produit.

Quels documents de traçabilité garder en restauration, et combien de temps ?

Une cuisine tient 4 familles de documents, chacune posée à un moment précis. Hors plats témoins, aucun texte d’hygiène ne fixe de durée de conservation générale pour un restaurant (les factures et pièces comptables se gardent, elles, 10 ans selon l’article L. 123-22 du code de commerce) : les durées ci-dessous sont les repères des guides de bonnes pratiques d’hygiène. Vous retenez les vôtres et vous les justifiez dans votre plan de maîtrise sanitaire.

Document Ce qu’il prouve Quand le remplir Durée de conservation
Bon de livraison Le fournisseur, la date d’entrée et le numéro de lot À la réception, avant le départ du livreur Repère des guides, calé sur la durée de vie du produit
Étiquette de préparation maison Ce qui a été fabriqué, quand, et jusqu’à quelle date le servir Au déconditionnement ou en fin de fabrication Tant que la préparation reste en cuisine
Plat témoin (restauration collective) Ce qui a réellement été servi ce jour-là Pendant la distribution du repas Au moins 5 jours après la dernière présentation, selon l’arrêté du 21 décembre 2009
Relevés de température et de nettoyage Les conditions dans lesquelles vous avez gardé les denrées Au moment du geste, pendant la journée 1 an pour les relevés courants, d’après les guides
[[FIGURE 1]]
Durées de conservation des enregistrements d’hygiène retenues par les guides de bonnes pratiques : 1 an pour les relevés courants, la durée de vie du produit augmentée de 6 mois pour les traces de lot.
[[FIGURE 2]]
Les 4 traces d’une cuisine, une à chaque moment : le bon de livraison à la réception, l’étiquette maison à la transformation, le plat témoin au service, les relevés datés pour la conservation.

Vérifiez la durée de chaque document, de la fiche de nettoyage à l’attestation de formation, dans notre article sur la durée de conservation des enregistrements d’hygiène.

Comment suivre un lot de fromage de la livraison au retrait dans un restaurant ?

Prenons un lot de fromage au lait cru, suivi d’un bout à l’autre de la cuisine. Cet exemple montre comment les documents s’enchaînent. Votre propre procédure dépend de vos produits, de vos méthodes de travail et du guide de bonnes pratiques de votre activité.

Étape Document rempli Ce qu’il indique Qui le remplit À quoi il sert le jour du retrait
Réception Bon de livraison annoté Fournisseur, date, numéro de lot, température à l’arrivée La personne qui réceptionne Retrouver la date d’entrée et la quantité reçue
Déballage Étiquette de report Numéro de lot recopié depuis l’emballage d’origine Le commis qui déconditionne Relier un bac sans marque au lot signalé
Fabrication Étiquette de préparation maison Nom de la préparation, date de fabrication, date limite d’utilisation Le poste de production Savoir quelles préparations contiennent ce lot
Distribution Plat témoin, en restauration collective Un échantillon daté de ce qui a été servi Le poste de distribution Faire analyser le plat si un convive tombe malade
Alerte du fournisseur Fiche de non-conformité Isolement du lot, information de la DDPP si besoin, devenir du produit L’exploitant Prouver ce que vous avez retiré, et quand

Pour savoir comment isoler, détruire ou renvoyer un produit signalé, suivez notre procédure pour retirer ou rappeler un lot de denrées.

Un restaurant doit-il tracer ses clients ou seulement ses fournisseurs ?

L’article 18 du règlement (CE) 178/2002 vous demande de connaître l’étape précédente et l’étape suivante. En amont, vous devez savoir de qui vous avez reçu chaque denrée. C’est l’exigence la plus importante pour un restaurant, et la plus simple à tenir : un bon de livraison bien rempli y répond. Vérifiez-les dès la réception avec notre méthode pour contrôler les bons de livraison en restauration.

En aval, le règlement vise les entreprises auxquelles vous livrez des produits. Un restaurant qui sert ses clients sur place n’a donc pas à noter le nom de chaque convive. Un traiteur qui livre le repas d’un comité d’entreprise, lui, connaît son client : il garde la trace de ce qu’il a livré, à qui et quel jour.

Si vous servez directement le consommateur, vous tracez surtout vos fournisseurs. Si vous livrez des professionnels, vous tracez aussi vos clients.

Où reporter le numéro de lot d’une denrée déballée pour la traçabilité ?

Un lot regroupe des produits fabriqués ou conditionnés dans les mêmes conditions. Le fournisseur retire un lot, l’administration cite un lot, et c’est un lot que vous devez retrouver dans votre cuisine. Son numéro figure sur l’emballage d’origine, souvent en petits caractères près de la date limite.

Ce numéro se perd souvent au premier déballage : le carton part à la poubelle, le produit passe dans un bac gastronorme, et plus personne ne sait de quel lot il vient. Recopiez-le sur l’étiquette de la préparation maison, ou gardez l’étiquette d’origine avec le bac.

Quand un fournisseur annonce un retrait, il donne un numéro de lot, rarement un simple nom de produit. Si vous l’avez noté, vous ouvrez le classeur, vous lisez la date de réception et vous isolez les 2 cageots concernés. Sans ce numéro, vous jetez par prudence tout le produit de cette référence.

Quels papiers garder ou jeter dans le classeur de traçabilité d’un restaurant ?

Gardez tout ce qui vous aide à remonter à un fournisseur ou à prouver comment vous avez conservé les denrées :

  • les bons de livraison et les étiquettes des produits d’origine ;
  • les relevés de température et les fiches de nettoyage ;
  • les attestations de formation du personnel ;
  • les résultats d’analyses, si vous en faites réaliser.

Vous pouvez jeter les brouillons de commande, les doubles de bons déjà classés et les listes de courses. Un classeur jamais trié grossit vite, et vous y perdez du temps le jour où vous devez chercher une pièce. Le classeur peut aussi être numérique : comparez les outils dans notre article sur le plan de maîtrise sanitaire numérique.

L’information sur les allergènes relève d’un autre texte, le règlement (UE) 1169/2011. Informez vos clients en suivant notre guide sur les 14 allergènes à signaler en restauration.

Que vérifie l’inspecteur sur la traçabilité d’un restaurant lors d’un contrôle ?

L’inspecteur de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) commence souvent par les mêmes pièces : les relevés de température des dernières semaines, quelques bons de livraison récents et les étiquettes des produits en cours d’utilisation.

Avec ces 3 documents, il voit si vos enregistrements sont tenus au jour le jour ou remplis la veille. Des relevés identiques, notés à la même heure avec la même valeur pendant 3 mois, montrent un cahier recopié plutôt qu’un thermomètre lu.

Il compare ensuite avec ce qu’il voit dans vos chambres froides. Il peut désigner un produit et vous demander d’où il vient. Si un bac n’a pas d’étiquette alors que votre procédure dit que tout est étiqueté, il le relève comme un écart. Avant la visite, appuyez-vous sur notre méthode pour préparer un contrôle sanitaire.

Quelles erreurs rendent la traçabilité d’un restaurant inutilisable ?

La première erreur est d’empiler les bons dans l’ordre d’arrivée. Retrouver un bon de mars dans une pile de 6 mois prend une heure. Rangez-les plutôt dans un classeur par mois, avec un intercalaire par fournisseur.

La deuxième est l’étiquette écrite au feutre effaçable, illisible après quelques passages en chambre froide. Utilisez un feutre indélébile ou des étiquettes imprimées. La troisième est le remplissage groupé du vendredi soir : les valeurs inventées pour toute la semaine se repèrent au premier coup d’œil.

La quatrième est de confier la traçabilité à une seule personne. Quand elle part en congé, plus rien n’est rempli. Formez au moins 2 personnes et affichez une consigne écrite près du poste de réception.

Dans quels cas un restaurant doit-il retrouver vite sa traçabilité ?

Retrait d’un lot par le fournisseur. Votre fournisseur annonce le retrait d’un lot de fromage au lait cru. Vous ouvrez le classeur, vous retrouvez 2 bons de livraison, vous isolez les produits et vous prévenez la DDPP si des plats ont déjà été servis.

Réaction allergique d’un client. Un client signale une réaction après son repas. Les étiquettes de vos préparations et votre tableau des allergènes indiquent ce que contenait son assiette.

Suspicion de toxi-infection collective. Si plusieurs convives tombent malades après un même repas, l’enquête s’appuie sur les échantillons gardés au froid. Pour la quantité à prélever et la durée de garde, consultez notre guide sur les plats témoins en restauration collective.

Quelles fiches de traçabilité rédige-t-on en formation hygiène alimentaire ?

La formation hygiène alimentaire dure 14 heures. Son contenu est fixé par l’arrêté du 12 février 2024, et la traçabilité y figure avec la gestion des produits non conformes. Vous y apprenez quoi noter, à quel moment et sur quel support.

Vous repartez avec des modèles de fiches adaptés à votre établissement. Un exploitant qui a construit son classeur pendant la formation sait ensuite le tenir, parce qu’il l’a rédigé lui-même.

Dans un restaurant commercial, en application de l’article L. 233-4 du code rural et de la pêche maritime et du décret n° 2011-731 du 24 juin 2011, au moins une personne formée doit figurer dans l’effectif de l’établissement. Former une deuxième personne garde vos enregistrements à jour pendant les congés. Chez France ProFormation, la formation se déroule en salle, près de chez vous, avec un formateur qui vous aide à remplir vos propres fiches.

Quels textes encadrent la traçabilité des denrées en restauration ?

Textes vérifiés le 5 octobre 2026 sur EUR-Lex et Légifrance.

Questions fréquentes

Quels documents de traçabilité un restaurant doit-il garder ?

Les bons de livraison avec les numéros de lot, les étiquettes des préparations maison, les relevés de température et de nettoyage, et les plats témoins si vous faites de la restauration collective.

Combien de temps garder les relevés d’hygiène d’un restaurant ?

Les guides de bonnes pratiques d’hygiène retiennent 1 an pour les relevés courants. Vous fixez vos durées et vous les justifiez dans votre plan de maîtrise sanitaire.

La traçabilité est-elle obligatoire dans un restaurant traditionnel ?

Oui. L’article 18 du règlement (CE) 178/2002 s’applique à toutes les entreprises du secteur alimentaire : vous devez pouvoir identifier le fournisseur de chaque denrée.

Le classeur de traçabilité peut-il être numérique ?

Oui, aucun texte n’impose le papier. Vos données doivent rester consultables sur place le jour du contrôle.

Testez vos connaissances

6 questions pour savoir où vous en êtes. Chaque réponse est expliquée.

1. Quel texte oblige un restaurant à identifier le fournisseur de chaque denrée ?




Voir la réponse

L’article 18 du règlement (CE) 178/2002. Il s’applique à toutes les entreprises du secteur alimentaire, restaurants compris.

2. Combien de temps les guides de bonnes pratiques conseillent-ils de garder les relevés courants ?




Voir la réponse

1 an. C’est le repère des guides de bonnes pratiques d’hygiène, que vous justifiez dans votre plan de maîtrise sanitaire.

3. Quand un fournisseur annonce un retrait, quelle information vous aide à retrouver le produit visé ?




Voir la réponse

Le numéro de lot. Si vous l’avez reporté sur vos étiquettes, vous isolez seulement les produits concernés.

4. Un restaurant qui sert ses clients sur place doit-il noter le nom de chaque convive ?




Voir la réponse

Non, il trace surtout ses fournisseurs. La traçabilité vers l’aval vise les entreprises clientes, comme celles qu’un traiteur livre.

5. Combien de temps une cantine garde-t-elle ses plats témoins ?




Voir la réponse

Au moins 5 jours après la dernière présentation. C’est ce que prévoit l’annexe IV de l’arrêté du 21 décembre 2009 pour la restauration collective.

6. Des relevés de température tous identiques, à la même heure, pendant 3 mois, montrent à l’inspecteur :




Voir la réponse

Un cahier probablement recopié. Un relevé réel varie d’un jour à l’autre ; des valeurs toutes identiques font douter de leur sincérité.